Vous êtes toutes et tous un bout de mon âme

 

 

La voix transmet des émotions que le texte transcrit perd, parfois…

 

Méditant, à 2300 mètres d’altitude, devant le cirque de Mafate, la question vient, en ce jour si particulier d’un anniversaire. L’occasion de s’arrêter, de se questionner…

Qui suis-je ?

La réponse arrive…elle fuse…elle est immédiate…je ne suis que ce que vous m’avez amené.

Je pense à vous, qui avez croisé ma vie, qui êtes entrés dans ma vie, que j’ai regardés, que j’ai écoutés, parfois que j’ai ressentis, parfois que j’ai aimés.

Je suis la combinaison de toutes ces rencontres. Je suis vous, vous êtes moi, j’ai pris à chacun d’entre vous, j’ai pris sans que cela vous coûte, j’ai donné sans que cela me coûte.

Il est difficile de déterminer qui, ou, quoi, quand, a pesé le plus, le mieux, le moins.

Tout est là, tout est utilisé à un moment ou à un autre.

Même le vent, qui en ce moment souffle, m’interroge, m’interpelle et m’appelle. Il me rappelle que nous ne sommes que poussière dans le vent, que c’est le vent qui va amener les nuages, puis les chasser, qui va faire revenir le soleil, qui va le faire disparaître, qui emmène les graines, qui emmène les feuilles.

Tout ce que l’on croise est important…

La vie, ma vie, c’est une rencontre. Je suis content de vous avoir rencontrés, je vous remercie de ce que vous m’avez apporté. Vous êtes toutes, vous êtes tous, la nature…tout cela est un bout de mon âme.

 

 

le coeur est la raison

Capture d’écran 2015-06-15 à 04.52.10La raison est au delà des raisons.

La raison, n’est-ce pas ce sentiment ultime, cette intuition qui surpasse tout, qui intègre tout en un instant :  notre rationalité, nos valeurs, nos croyances, notre culture, nos expériences, et qui fait jaillir notre envie la plus intime ?

La raison, n’est-ce pas l’aboutissement de ce que l’on nomme intelligence, ce doux et insaisissable mélange de sensations, de sentiments, de passions, d’envies, d’écoute de ce qui vient du plus profond de soi ?

Ce qui vient du coeur peut être d’une puissance rare, qui submergera le corps, l’esprit, l’âme. Et quand viendra le repos flottera une trace d’évidence, qu’il nous appartiendra d’écouter… ou pas. La décision prise sera toujours la bonne, quelques soient les difficultés à court terme, si elle nous met en paix avec nous même, avec ce que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes, si elle nous permet de vivre mieux.

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Pascal exprime en 1669, dans « Pensées » une vision que notre monde matérialiste enfouit sous une pseudo rationalité: « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais par le cœur. (…) C’est sur ces connaissances du cœur et de l’instinct qu’il faut que la raison s’appuie et qu’elle y fonde tout son discours. » 

Je comprends à le lire pourquoi j’aime à suivre mon instinct, mon coeur, ma raison quand ils sont alignés. Ils donnent à mes choix une puissance incroyable, et une sérénité absolue en même temps. Peu importe si je convaincs, si je suis suivi, car je suis en paix avec mon âme, avec mon coeur, avec moi-même, avec la nature qui m’entoure.

Capture d’écran 2015-06-15 à 04.50.50Certains appelleront audace ce que je nomme évidence, certains appelleront folie ce que je nomme engagement. Un engagement qui parfois effraie, dans ce monde tiède et gris, perclus de peurs et de conservatisme, alors qu’il n’est qu’engagement positif et bâtisseur, qu’il est construit de bonne foi et d’envies joyeuses, d’utopies enchanteresses et d’attention à l’autre.

Capture d’écran 2015-06-15 à 04.50.13Le temps ne fait que peu à cette affaire, 8 ans après, je retrouve ma définition de l’Utopie : « Il suffit de regarder profondément en nous, d’oser écarter la jungle qui nous masque la vue et enchaîne nos coeurs pour savoir que le vrai bonheur est de lire la joie dans les regards autour de nous. Je revendique cette Utopie, puisse se créer ce lien sans corruption ni artifice, ou la satisfaction des besoins de chacun prendra le pas sur la satisfaction de désirs artificiels. » Je lis, et lie cette définition à celle de la raison, ce sont les mêmes….Otés les artifices, peut enfin naître la raison, la vie.

Capture d’écran 2015-06-15 à 04.52.26Il est temps….il est temps d’ouvrir le prochain livre, ma raison me le dit, mon coeur le confirme, les utopies sont mûres, prêtes à être cueillies et croquées. Comme un fruit d’été elles vont fondre en nous, laisser une belle trace, nous nourrir de leur parfum et de leur sucre, nous apaiser et nous stimuler, tranquillement. Il nous restera, sereins et joyeux, après avoir joui de l’instant, à nous poser l’un contre l’autre  dans une si belle union… Capture d’écran 2015-06-15 à 04.50.35

L’amour est toujours raison, l’amour a toujours raison.

changement d’R : du no future à l’e-futur

« Parmi les hommes, beaucoup marchent dans le rang, sans s’interroger au-delà de leur route quotidienne : c’est la vie « . Hervé Ficher. 

« Tant d’espérances nouvelles, et souvent naïves, ont surgi avec l’émergence de l’âge du numérique qu’elles remettent en cause le pessimisme, le nihilisme, le cynisme triomphant de la purge postmoderne….nous avons foi dans les ordinateurs »

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« L’humanité ne vit pas la poursuite linéaire de son passé, ni d’avantage les synthèses successives de ses contradictions idéologiques et politiques. L’humanité crée constamment son futur sans prévenir personne, de plus en plus rapidement aujourd’hui, non par prolongation, ni contradiction, mais par divergence. Non pas par des hypothèses passéistes, mais par des idées imprévues, des consciences libres, des projets inédits, le plus souvent d’abord marginaux, latéraux, qui s’imposent éventuellement comme une nouvelle voie ou s’engouffrera la majorité. L’humanité ne se survit pas elle même, elle ne se prolonge pas, elle ne résout pas ses contradictions dans des synthèses. Elle s’invente elle-même. Elle se projette dans l’inconnu, elle se crée dans la divergence »

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« Les réseaux sociaux…cela ressemble à une pilule de sociabilité qu’on prendrait quotidiennement et qui créerait une dépendance, nous euphorisant un instant dans l’activité fébrile des claviers, mais sans rien guérir. »

 

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Ce livre d’Hervé Fischer est un outil de réflexion. La société s’y réfléchit, et il nous démontre à quel point est étroite la voie de la divergence, à quel point est difficile l’expression hors norme. « ce que nous disent le mythes, c’est que la divergence appelle la punition par les pères incarnant l’autorité été qu’elle ne s’accomplit que dans la douleur. »

La divergence semble pourtant la seule voie, pour sortir de l’emprise d’un capitalisme qui ravage les hommes et la planète, seule voie tellement les forces en place exigeant la domination de l’homme sont puissantes, organisées, sans pitié ni compassion. Intègre toi ou disparais. Travaille, consomme ou isole toi. La troisième voie est étroite, fragile, et excluante.

Il devient difficile de penser le monde, tant il devient complexe, tant les intérêts divergent, tant la pression de la pensée capitaliste unique est forte. Rares sont les vraies divergences, celles qui pensent non pas l’obtention de profits matériels immédiats mais qui vont jusqu’à la remise en question profonde du modèle. Et elles sont noyées, ces rares divergences profondes, sous le joug de la communication omniprésente de la société de consommation, elles sont broyées dans l’étau de l’acceptation sociale, de la soumission volontaire à la norme pour être socialisé, accepté, accueilli par le groupe. Il devient difficile de penser le monde, et de penser les échappatoires au système mortifère dans lequel nous sommes englués. Pourtant les signaux de la divergence doivent bien être présent, sous nos yeux. Emergeront-ils, permettront-il ce qu’Hervé Fischer imagine en sortie : un homme déifié par son éthique planétaire ?

Chaque jour qui passe nous éloigne de la nature, de l’humanité. Chaque jour qui passe les barbelés grandissent autour de l’Europe, le chômage enfle, les déserts avancent, l’eau se raréfie, la pollution gagne, la pression s’accentue sur les défavorisés, les sans, les fragiles…La divergence devra être d’une puissance titanesque, pour nous arracher à la route sur laquelle nous sommes lancés à la vitesse du numérique, et sur laquelle le quantique permettra sous peu une accélération fantastique, bousculant à les fracasser nos certitudes et modes de vie….

Allons nous passer du no future à l’e-futur, ou allons nous vers un no future et un e-future insécables, multiples et mouvants, pris dans une tempête quantique ou les abris seront rares, chers, inaccessibles pour l’énorme majorité de l’humanité ?

peut on enlever longtemps son masque ?

Grandir, chercher, comprendre, mieux connaître, débattre, questionner…La vue de ce masque m’interpelle. Emmêlé dans mes idées reçues, j’ai relu trois fois le panneau indiquant l’origine de ce masque : le Groeland…

 

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Masque en bois, Ammassalimiut du Groenland, 1935.

 Mettre un masque, c’est devenir quelqu’un d’autre, l’analogie est tentante avec les avatars fleurissant sur les profils des réseaux sociaux actuels. Mettre un masque c’est cacher une partie de soi, jouer un rôle.

Mettre un masque c’est aussi exprimer une émotion, une émotion que l’on a du mal à mettre en mots.

Lire l’autre à visage et âme découverts est déjà complexe, alors lire l’autre à travers des masques, c’est ne lire que la surface, c’est se laisser détourner de sa profondeur, de ce qu’il est réellement.

Nos masques cachent souvent nos peurs, nos envies, nous permettent de pouvoir plus facilement reculer, changer d’avis, la fuite est déjà entamée…nos masques parfois sont multiples, vitaux, ou permettent simplement de s’insérer dans une communauté. Peut on oublier longtemps nos masques, peut on se vivre sincèrement ?

Une année qui s’ouvre, quelques jours de vacances et de recul, la rencontre des masques, la question de la relation à l’autre et à soi s’insinue…

Chacun trouvera sa réponse en contemplant son masque du moment, en se remémorant le masque qu’il a porté hier, cette nuit, ce matin.

Mes masques de 2014, je les imagine comme outils de lien vers le partage, l’humanité, l’altruisme, le dialogue. En attendant les masques de 2014, je me souviens d’un de mes plus beaux masques de 2013

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au milieu de l’infini sont les humains

Nous sommes connectés à l’infini..

Dès que nous levons les yeux vers les étoiles, ou dès que nous fermons les yeux et acceptons de plonger au cœur des trous noirs de notre pensée, nous sommes connectés à l’infini…

L’infini est merveilleux pour qui le souhaite, il emplit tous nos sens et nous laisse présager tant de plaisirs, tant de découvertes, tant de sensations que nous n’imaginons pas encore.

Mais quelle est la place de l’humain dans l’infini ?

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Pour être pris de sérénité et non de vertige, probablement faut il accepter de reconnaître que nous ne sommes que poussière au cœur de l’univers, que notre destin individuel et collectif n’a que peu d’importance au regard de la marche des galaxies, que probablement en dehors de nous même nul ne connaît notre existence.

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…de la terre ou se font les arbres

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Pour parler des gens d’ici, faut-il être né ici, avoir grandi ici ?
Comment faire lorsque l‘on est un immigré, un déraciné, un nomade ?
Comment faire lorsqu’on est d’un autre monde, lorsqu’on vit un autre monde, lorsque l’on rêve d’un autre monde,
….pour parler des gens qui sont l’ici du moment ?

Je ne sais…mais au fond, quelle importance ?

Oui, quelle importance ? Car fi de ce qui différencie les gens d’ici des gens d’ailleurs, fi des nationalismes, des régionalismes, des « particularités » culturelles, politiques ou religieuses, fi de ce qui nous sépare, nous amène à nous déchirer, nous haïr, nous mentir, nous détruire.
Parlons ici de notre commun, de ce qui nous oblige à être tous des gens d’ici, qui nous condamne tous à être en de nombreux points semblables.

Mon ici, c’est la terre Continue reading

bleu

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Ce bleu m’a pénétré, envahi, le ciel, la mer et les rencontres au bord du lagon m’ont bleui la tête, les yeux, le coeur et l’âme.
Ce bleu me fait rêver, rêver éveillé, rêver ma vie, rêver le monde en mieux, en bleu, en paix, en fraternité, en amour, en amitié, en partage.

Mais le monde n’est pas que bleu et vert, il est également gris de la misère, rouge des massacres, noir de l’exploitation de l’homme par l’homme, et s’amoncellent les nuages sombres des nos délires, de notre incapacité à respecter le bleu et le vert, tout ça pour gagner un peu plus d’or ou d’argent…

J’ai essayé de remettre du bleu partout, mais cela m’est difficile. Quand je regarde ma vie je souris, quand je regarde la vie de moult humains, mon sourire s’envole. Faut-il être égoïste pour être heureux ? Faut-il se sortir de l’ensemble pour jouir de la vie au delà d’un simple moment d’égarement  ?

Bleu, penser au bleu du ciel et du lagon, au bleu de mes yeux quand ils sont baignés de lumière et d’envies, penser au moment ou mes yeux reflètent le lagon, au moment ou mes yeux se mélangent au lagon, au moment ou mes yeux deviennent le lagon.

Bleuir mon coeur, bleuir mes actes, me respecter, te respecter, vaincre la corruption permanente de la société qui me pressure, me tord, me heurte, parfois presque me brise.
Mais jamais ne vaincra. Une part de moi toujours sera bleue. Et je sens bien, en fait, que le bleu gagne, qu’il pénètre de plus en plus en moi, qu’il ne sera bientôt plus possible de le dissocier de moi.
Alors viendra le temps d’amplifier le don. Ce don qui est déjà en moi, qui parfois se heurte à mes contradictions, mes erreurs, mes limites humaines, ma maladresse. Mais je sens bien que bientôt le temps viendra ou le bleu ne sera plus une part, mais l’essentiel de ce que je suis.

Merci mes amis, merci mes amies, merci à tous ceux et toutes celles qui m’aident à bleuir ma vie, qui m’encouragent à continuer mon chemin, qui voient le bleu derrière les postures malhabiles.
Tout vous sera rendu au centuple, car vous êtes beaux, car vous êtes bons. Je sais maintenant que le don génère de la beauté, de la vie, de l’envie, de la joie. C’est vous qui me l’avez appris en me renvoyant votre présence, votre amitié, votre sourire.

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la Réunion : apprendre à vivre avec le requin

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Le coupable, c’est notre mode de pensée.

Une jeune fille s’est fait attaquer à nouveau ce jour à la Réunion par un requin. Elle est décédée. Le moment est à nouveau triste, et démontre une fois de plus que l’inconscience est mortelle. La zone dans laquelle se baignait cette jeune fille est hors lagon, donc elle se baignait au milieu des requins…

Cette inconscience est doublée d’une incapacité de notre société à sortir de son mode de pensée. Bloqué, notre système de pensée, incapable de faire face à cette situation de relation homme-nature.

Certains surfeurs et leurs alliés vont se déchaîner dans les jours qui viennent pour demander que l’on tue des squales. Ils vont tenir pour responsables tous ceux qui défendent le requin, et ceux qui tentent de minimiser les dangers. Ils ont tort sur un point, et raison sur un autre, mais pas pour les bonnes raisons.

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une rencontre qui marque une vie : Jean Ziegler

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Il y a une dizaine d’années j’ai rencontré Jean Ziegler pour la première fois. En livre. Un livre qui m’a profondément marqué et qu’ensuite j’ai emmené partout avec moi.

« Pour la première fois de son histoire, l’humanité jouit d’une abondance de biens. La planète croule sous les richesses. Les biens disponibles dépassent de plusieurs milliers de fois les besoins incompressibles des êtres humains.
Mais les charniers aussi gagnent du terrain.
Les 4 cavaliers de l’Apocalypse du sous-développement sont la faim, la soif, les épidémies et la guerre. Ils détruisent chaque année plus d’hommes, de femmes et d’enfants que la boucherie de la seconde guerre mondiale, pendant six ans. Pour les peuples du tiers-monde, la troisième guerre mondiale est en cours.
Chaque jour, sur la planète, environ 100 000 personnes meurent de faim ou des suites immédiates de la faim (FAO – World food report 2000, Rome, 2001. »

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