une rencontre qui marque une vie : Jean Ziegler

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Il y a une dizaine d’années j’ai rencontré Jean Ziegler pour la première fois. En livre. Un livre qui m’a profondément marqué et qu’ensuite j’ai emmené partout avec moi.

« Pour la première fois de son histoire, l’humanité jouit d’une abondance de biens. La planète croule sous les richesses. Les biens disponibles dépassent de plusieurs milliers de fois les besoins incompressibles des êtres humains.
Mais les charniers aussi gagnent du terrain.
Les 4 cavaliers de l’Apocalypse du sous-développement sont la faim, la soif, les épidémies et la guerre. Ils détruisent chaque année plus d’hommes, de femmes et d’enfants que la boucherie de la seconde guerre mondiale, pendant six ans. Pour les peuples du tiers-monde, la troisième guerre mondiale est en cours.
Chaque jour, sur la planète, environ 100 000 personnes meurent de faim ou des suites immédiates de la faim (FAO – World food report 2000, Rome, 2001. »

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réflexions sur la politique migratoire avec Emmanuel Terray

kwassa kwassa

Les rencontres se succèdent, et permettent de revisiter les idées reçues, de trouver de nouvelles pistes de solutions.
Emmanuel Terray est encore un de ces hommes que l’on peut qualifier de « bon ».
Merci à lui de son temps, de ses actions de ce qu’il nous a offert.
L’exposé d’Emmanuel Terray se situe en opposition avec les idées reçues, le discours officiel. Il analyse la politique de l’immigration à travers quatre axiomes, et va démontrer qu’il s’agit d’idées fausses, d’analyses erronées.
Le capital financier s’est imposé aux autres formes de capitalisme par sa capacité à se déplacer instantanément sur toute la planète.
Ce droit à la mobilité que l’on permet aux capitaux, voire aux marchandises, on le nie aux hommes.

–idée fausse : « Il est possible d’endiguer l’immigration par des mesures administratives et policières. » (frontex)


Comme le montrent toutes les études sociologiques et anthropologiques, notre histoire est une histoire de migrations. La migration n’est en fait que l’expression la plus ancienne de la plus élémentaire des libertés : la liberté de mouvement, et toute tentative visant à l’arrêter a échoué notamment du fait de stratégies de contournement.
Les migrants actuels ont conscience que la migration est un droit fondamental qui ne devrait pas être l’apanage des seuls ressortissants des pays riches.
Instaurée sous la Révolution française, la liberté de constituer un marché national a eu entre autres répercussions de placer la migration au cœur de notre système économique et social. Jusqu’à aujourd’hui la liberté du marché du travail et, par conséquent, celle de mouvement des travailleurs ont été défendues par le patronat. Autre élément « en faveur » des mouvements migratoires : la diminution du prix des transports et des communications induite par la mondialisation.

À l’heure actuelle, le nomadisme du travail se voit confronté à la concurrence du nomadisme des capitaux financiers, capital dominant s’il en est. Selon l’Union européenne, il y a 4,5 à 8 millions de personnes en situation irrégulière sur le territoire européen ; d’après l’OCDE**, chaque année 500 000 personnes traversent les frontières sans papiers. Force est de constater que les États ne possèdent pas le pouvoir d’endiguer ou de contrôler la migration.
Il est nécessaire de comprendre que la plupart des migrants engagent un voyage car ils considèrent qu’ils n’ont plus d’autre choix, et qu’ils ne demandent une autorisation ni à leur pays de départ ni à celui d’arrivée.
Pour empêcher l’immigration, nous essayons de mettre des barrières. Mais les migrants sont trop nombreux, trop motivés, pour que nous puissions espérer les contenir. Nous sommes comme un éléphant qui essaierait d’empêcher les fourmis d’entrer sur son territoire en construisant des barrières. A la fin, ce sont les fourmis qui gagnent.

– idée fausse : « Nous serions menacés de submersion et l’équilibre social et économique serait en péril. »


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En temps de guerre, on exécute les pacifistes, en temps de catastrophe nucléaire on exécute les écologistes

Sérieux, précision et responsabilité, c’est tout ce qui manque à notre gouvernement et à bien d’autres élus en ce moment…

La catastrophe de Fukushima est en cours… Au drame infligé par la nature s’ajoute un drame causé par l’homme. Si nous ne pouvons que constater avec compassion le premier, nous ne pouvons que hurler notre colère sur le deuxième.
Certains expriment que les écologistes seraient « indécents » de poser la question du nucléaire en ce moment…sauf que cette question ils la posent depuis 40 ans. A une opinion largement assourdie et aveuglée par la communication des médias et des groupes industriels nous expliquant tous les bénéfices et l’absence de risque de cette énergie.

L’indécence absolue, c’est que ceux là, qui sans le moindre doute continuent à affirmer leurs certitudes en l’invulnérabilité de « nos » centrales « 100% françaises donc les meilleures du monde », ne se sentent jamais en rien responsables des morts causées par cette technologie mortifère, où d’autres équivalentes, et détournent le sujet en évoquant l’indécence de ceux qui, antinucléaristes de longue date, soudain sont vus et entendus.
J’ai mal et je suis en colère. Mal de voir ces vies détruites, en colère de voir nos dirigeants préférer sauver leurs certitudes que les vies de ceux qui demain encore souffriront du nucléaire.

2,5% de l’énergie mondiale justifient ils ces risques ? continuer à investir dans l’atome civil: 16 milliards en France pour ITER, 5 milliards pour Flamanville, 1 milliard par an pour le CEA, et couper les moyens du photovoltaïque, refuser les éoliennes car elles ne seraient pas assez « rentables », sacrifier le grenelle de l’environnement sur l’autel du court terme, quel est le niveau de la folie qui nous habite ? Nous sommes à 9 sur l’échelle de Richter de l’inconscience, de la croyance en la science toute puissante, de l’illusion de dominer tout sur notre planète.
J’espère…que Fukishama ne sera pas la catastrophe annoncée. Ce qui permettra l’indécence de nos dirigeants: « on vous l’avait bien dit que ça ne serait pas une catastrophe »…je préfère être insulté et que la catastrophe soit évitée. Je continuerai malgré tout à combattre cette illusion atomique mortifère, quel que soit l’évolution de Fukishama. Pour demain, pour que vivent demain nos enfants dans un monde débarrassé des armes et centrales atomiques, que nous puissions leur léguer un monde plus propre, plus sain, plus viable.

Cela sera difficile. Areva est les puissances de l’argent sont forts: 15 millions d’€ de comm en 2011…à des années lumière des moyens des écologistes…et dire que des régions dirigées par la droite et le PS accordent des subventions au nucléaire qui investit 15 millions en comm…nos impôts paient la communication des nucléaristes…
Donc, haro sur les écolos. Pour défendre l’honneur de nos centrales, pour sauver l’honneur de tous les politiques de droite et de gauche qui ont laissé passer l’opportunité des renouvelables…haro sur les écolos, ces traîtres à l’Arevanation, ces empêcheurs de nucléariser le monde en rond, ceux qui arrivent à mettre le doute dans l’esprit des citoyens, ceux qui disent que des alternatives sont possibles. Exécutez, par tous les moyens, même par la démagogie et les mensonges les plus criants, ceux qui gênent notre conscience…Imaginez, si un jour les gens, ceux qui vivent dans nos pays, se mettaient à penser que la vie vaut plus que les profits…

Là, ça serait une catastrophe…pour eux, et un bienfait pour l’Homme.

le choc Mumbai…

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Premier Jour à Mumbai.
Odeur. A peine posé sur la piste, l’avion est pris dans l’odeur de l’Inde. Impossible
d’y échapper. Permanente, parfois forte et désagréable, elle me semble unique.
Mélange de chaleur, d’épices et d‘incapacité à gérer la vie d’un milliard
d’habitants, c’est la première sensation à l’arrivée.

Repères. De suite ils manquent, de suite tout est différent, tout va vite. La vie
grouille, la foule t’emporte, le flot ininterrompu d’hommes, de femmes, de
voitures, de bus, de taxis te saisit. Impossible de prendre le recul nécessaire, de
réfléchir, je suis dans un taxi…trop cher…à peine arrivé, l’arnaque des plus
classiques, le taxi…Peu importe, c’est la loi ici, si tu hésites on rétablit d’une
miette l’équilibre entre l’ultra riche que tu es et l’ultra pauvre qui conduit le taxi.
Homme avenant, ouvert, il me raconte sa famille, sa vie, son métier, son salaire.
53 ! par mois, et il estime que c’est un bon salaire…Son patron, le propriétaire du
taxi, m’a fait payer 15! de plus que le prix normal. Je lui laisse quand même un
bon pourboire…

Choc. Premier contact avec la ville, depuis le taxi. La ville se lève. Une couche de
brouillard mêlée de poussière flotte au dessus de nous, elle semble prête à se
poser à tout moment, à s’installer au coeur de la ville. Le soleil chassera la brume,
déposera la poussière sur le sol. Elle sera partout, ensuite, toute la journée,
projetée sur les hommes par le mouvement incessant.

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voiles sur l’Océan

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Flotte ici un parfum de douceur, la nostalgie d’une image si belle, une sensation entre Terre et Mer/
Posé sur la Terre, sur une terrasse face à la Mer, j’observe ces Voiles sur l’Océan.
Sublime ballet, d’ici tout est si beau.
Les voiles déchirées sont en osmose avec le Pays tout entier, elles flottent et survivent avec majesté sur Mer. Pendant que les hommes vivent, miracle au quotidien sur cette Terre si pauvre, les coques flottent…
Ces bateaux pourraient voler tels les paille en queue, tournoyer au dessus des flots là bas sur l’horizon, s’évanouir dans le couchant.
Y a-t’il vraiment des hommes pour les gouverner, ces morceaux de bois, de toiles et de cordages assemblés ?
Ce ballet est il réel ou est le fantasme né de la présence si forte de l’histoire dans ce pays magique ?
Tout semble surgir d’un ailleurs, d’une dimension jusqu’alors inconnue de l’espace et du temps, tout se percute, tout est perturbé…

Voiles sur l’Océan, Madagascar semble aussi une Mer.P1020485

Presque chaque jour je suis venu admirer ces coques qui voguaient entre Ciel et Mer. Chaque fois la même sensation d’un monde qui naît, d’un univers entier qui s’écoule devant moi dans la douceur la plus extrême. Je ne savais pas que l’on pouvait rêver devant une image, qu’un moment pouvait projeter autant d’émotions.

Madagascar est un lieu magique, un lieu ou l’histoire et le présent se mélangent, ou la Mer entre dans la Terre et se mélange au Ciel, ou l’homme peut encore être un Homme…

Puisses-tu, Madagascar, vivre longtemps et apaiser tes souffrances. Puisses tu nourrir tes filles et tes fils, leur enseigner le monde et leur laisser leur Humanité, leur sourire, leur bonté.

Il y a des mondes riches, il y a des mondes beaux. Madagascar est une perle, ne l’abîmons pas plus, s’il vous plaît..

tout est une question d’envie

J’aime mon passé, je me souviens avec douceur des personnes qui ont emprunté à mes côtés le chemin de la vie…J’aime quand l’histoire se finit bien, quand l’amour fait place à l’affection, à la bienveillance…Vivre dans les regrets ou les reproches ne sert qu’à s’abîmer et à abîmer l’autre, alors une fois passés les moments de douleur, sachons remercier celles et ceux qui nous ont aimés, et emplir à nouveau nos cœurs d’espoir, d’amour….et d’envies…

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J’ai envie d’aimer. Aimer à la folie, aimer à faire des conneries, aimer et que tout le reste disparaisse derrière cet amour.

J’ai envie de t’aimer. Aimer, aimer, aimer, que ta vie soit belle, que ma vie soit belle, que notre vie soit belle.

J’ai envie de nous aimer. Que notre couple soit beau, qu’il soit sain, qu’il donne envie, qu’il rayonne, qu’il vive.

J’ai envie que tu sois belle. Que tu me donnes envie, que tu me fasses envie, que tu m’émeuves, que tu me rendes jaloux, que tu m’obliges à te plaire, à me battre pour toi.

J’ai envie que tu me stimules. Que tu me donnes envie de changer le monde, que tu aiguises mes appétits, que tu me bouscules, que tu me provoques, que tu ries de moi pour me faire avancer.

J’ai envie que tu joues avec moi. Que tu me fasses rêver, que tu te moques de moi, que tu m’énerves, que tu calmes tout d’un grand éclat de rire, avant de fondre dans mes bras.

J’ai envie de toi. J’ai envie de jouir de toi, que tu jouisses de moi, que nos corps rejoignent nos coeurs et nos esprits dans cette fusion magique qu’est l’amour.

J’ai envie de longtemps. Que l’on continue à se découvrir, à se chercher, à se trouver, à se retrouver, à se reconstruire, à découvrir de nouveaux horizons, ensemble, ensemble.

J’ai envie de quotidien, de baisers le matin, de tendresse au coucher, de regards qui se croisent, de mains qui se touchent, de corps qui s’émeuvent.

J’ai envie de ne lire que les beaux morceaux du passé. De vivre encore ce qui nous a réunis, de rire des douleurs, de construire sur les envies, de réussir sur notre couple.

J’ai envie que tu ries, que tu souries, que tu te sentes belle, que tu aimes, que tu vives, que tu fasses envie, que tu m’aimes, que ta vie soit emplie de mille étoiles qui brillent.

J’aime ton étoile, elle guide la mienne. J’aime ce que tu es, tu me montres l’exemple. J’aime ta force, elle m’impressionne. J’aime tes faiblesses, elles me rendent protecteur.

J’aime. Le corps, le cœur et l’esprit unis, les envies intactes, l’avenir à bâtir. Ensemble.

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le 5è continent

Mon 5è Continent. Joie d’enfant, joie sans prétention, juste du plaisir, « que du bonheur… ». Si je compte bien tout y est au niveau terrestre, au niveau des mers cela fait 3 Océans, me reste à oser le maillot de bain dans les Océans Arctique et Antarctique ….

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Je me suis aperçu par hasard il y a quelques heures, sur un Ferry qui me ramenait vers le centre de Sydney que j’avais accosté sur chacun des 5 continents de cette planète Terre. Après quelques heures de marche pour me faire le plaisir d’une vue sublime sur la grandiose baie de Sydney, je sortais d’admirer les surfeurs à Mainly, magnifique plage du Pacifique et je rêvassais sur le ferry..
5 Continents et 3 Océans…Mais encore ?
Et bien il me reste donc à relever le défi des 2 derniers Océans, après tout il me reste de nombreuses et belles années à vivre, et comme je n’ai envie ni d’une grosse voiture ni de 3 écrans plasma (j’en suis resté au plasma mais il y a peut être de nouvelles technologies pour regarder la soupe à la télé ?) ni de ….ça devrait être possible. En fait peu importe d’avoir accosté sur 5 continents, je m’en suis aperçu par hasard parce que je l’ai fait par hasard. Le seul choix conscient, c’est d’avoir choisi de voir le monde, d’essayer de le comprendre. Et la Terre me passionne, du désert de sable au désert de glace, de ses constructions naturelles à celles de l’homme.
Le pied sur le 5è Continent, l’heure d’un premier bilan ? Le terme est excessif, disons une première réflexion. Attention, j’ai peur que ça ne fasse un peu mal…

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Les Parisiens du sous sol.

piknikfleuriParisiens avec ou sans soleil.
Banlieue joyeuse le Dimanche sous le soleil. Pique nique musique, joie, rires. Oser se griser d’un peu de vin, puis se rafraîchir d’une eau fraiche, posé sur l’herbe verte face au canal.

La Villette sous le soleil est un lieu si vivant, si métissé, la vie coule au milieu des femmes et hommes de toutes couleurs. J’aime ce quartier que l’on dit « populaire », qui vit mille vies, mille cultures, mille histoires ensoleillées.
Que La Villette est belle et gaie les dimanches sous le soleil.

Banlieue triste et grise d’un lundi matin pluvieux, sans soleil, sans travail, sans espoir autre que le jeu de hasard. Salle de café sale, ouverte aux quatre vents, au sol jonché de déchets, au comptoir fatigué ou se posent des hommes éteints. Tristes, ces hommes, nulle étoile dans leurs yeux, nulle envie…

 

Métro blafard, je ne vois que des femmes et des hommes debout accroupis allongés. Métro glacière en ce 14 Juin ou règnent l’eau si froide, le vent si froid, le béton si froid, la chaleur n’entrera pas aujourd’hui. Pluie salvatrice en certains endroits, ici elle se fait destructrice. Destruction de l’espoir d’une journée au chaud, au sec de l’été. La pluie glacée ramène brutalement aux angoisses de Novembre, rien ne séchera ici aujourd’hui, pas même les femmes et les hommes du métro.

 

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Accroupi le dos contre le mur, il attend. Mais il attend quoi ? Il attend qui ? Sous les rues de Paris, cité rutilante ivre de ses richesses et de son luxe, vit, survit plutôt, le parisien du sous sol, le parisien sans vie.

La nuit tombe, enfin la pluie cesse. Tombent aussi les hommes, écrasés de la fatigue du jour. De câlins en étreintes la soirée sera douce pour ceux qui ont les yeux emplis du bonheur d’être ensemble. De carton en béton la nuit sera courte ou longue pour d’autres, c’est selon…Mais elle sera dure, c’est la seule certitude.

Comment imaginer l’amour, la famille, les amis, rire, comment imaginer la vie quand on vit au sous sol ?

Humanité : essence de l’homme, ensemble des hommes, compassion. Ici l’humanité est bafouée, ces hommes sont privés de leur essence, de leur vie, ne font plus partie de l’ensemble. Passant, tu ne peux que te révolter en croisant ces êtres du sous sol. Je sais que ton regard est triste, que souvent tu ne veux plus car tu ne peux plus voir. Seul, face à cette misère si nombreuse, tu ne peux rien…

La solidarité doit s’organiser, nous avons élu des femmes et des hommes pour cela. Pour qu’ils construisent une société pus juste, plus humaine. Notre humanité doit nous contraindre, il n’y a pas d’alternative, à aller vers plus juste, plus équitable.

Que l’on soit bien clairs entre nous : nous ne vous avons pas élus pour favoriser telle ou telle catégorie, mais bien pour construire un rempart à l’égoïsme et à l’exploitation de l’homme par l’homme, pour canaliser la violence économique et permettre à chacun de vivre dignement, à l’air libre.

Nous en avons les moyens. Les dépenses militaires ont battu tous les records en 2008 : 1 464 milliards de dollars…une augmentation de 45% en 10 ans. Et nous ne savons pas loger, instruire, nourrir, intégrer, soigner ceux que la société malmène.

Mesdames et Messieurs les élus, vous savez, vous êtes maintenant responsables, vous pouvez et devez changer ces injustices, changer les priorités de notre société. Chacun doit avoir sa part de soleil, le carton ne peut servir de lit chaque soir, les couloirs du métro ne sont pas une chambre convenable..

cailloux malgaches

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Devant eux, des gros cailloux, dans le sac près d’eux, des petits cailloux. Entre les 2, leurs mains et leur outil, une massue…
Vous l’avez compris, ils cassent des cailloux. Des cailloux récoltés quelques centaines de mètres plus loin, le long de la falaise. Avec une pierre jetée sur la paroi, ils provoquent un éboulement, puis ils ramassent…
Nous sommes en Mai 2009, la crise mondiale frappe, les gouvernements soutiennent les banques, l’industrie automobile, à coups de millions de dizaines de millions de centaines de millions, d’euros ou de dollars.
Pendant que d’autres cassent des cailloux pour manger, simplement manger. Un toit ? Je ne sais comment qualifier l’endroit ou ils vivent. Des aides ? Néant…Un soutien ? Non…
Ces cailloux finiront sur une route construite à quelques kilomètres par Colas, ou dans les fondations d’un hôtel pour touristes en mal de dépaysement.

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Dans la chaine de production de valeur ajoutée, le producteur de cailloux semble bien désemparé, bien seul pour lutter contre les empires qui achètent sa production. La loi de l’offre du faible et de la demande du puissant…Le monopole de la construction des routes face à la faim et la peur d’avoir encore plus faim, de mourir de faim…L’un est garanti de son paiement par les impôts des européens car le projet est soutenu par l’Europe, l’autre n’a qu’une garantie : être soumis…
Fatalité ? Il n’y a pas de fatalité, il n’y a qu’emprise du fort sur le faible, avec le regard bienveillant des possédants, des financeurs…

La réduction des inégalités et la préservation de notre planète sont les deux questions centrales de notre siècle qui s’annonce. Ils devront être le fil conducteur de chaque loi, chaque évolution. Comment repartir sans garder au fond de soi l’image de ces cailloux…je n’ai pas osé regarder les hommes et les femmes qui travaillaient à les casser, je n’ai pas osé sourire aux enfants dans ces campements…
J’ai du mal à me regarder en face parfois quand je pense à eux. Je ressens souvent de la haine pour les hommes qui ont construit cette iniquité, je ne comprends pas comment on peut décider sciemment que cela continue…
Tant qu’il y aura un homme qui casse des cailloux dans ces conditions, je ferai de la politique…

lever de soleil sur la brousse

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Lever de soleil sur la brousse, africaine, perche au dessus d’Olifants River…

La vue porte au delà du possible, la Réunion toute entière, l’île ou je vis essentiellement, tiendrait dans ce point de vue. On naît, on est, on reste tout petits face à de tels endroits, on se rend compte de notre vanité…la Terre nous survivra. Elle vient brutalement de me le rappeler.
La puissance de la nature à chaque instant ici se révèle, m’éblouit…

La rencontre de la Hyène. Ce face à face dans la nature hier, fut une révélation. Je ne savais pas que pouvait exister une telle puissance, une telle férocité. Hommes des villes, nous ne pouvons que trembler et fuir, cette Terre nous échappe.
Je suis vivant, très vivant…Ici tout est vie, je redécouvre la Terre…une autre Terre. C’est éblouissant, rassurant, déstabilisant. Le monde est si multiple, complexe, souvent nous en sommes si loin. Nous le piétinons sans le regarder, sans l’aimer, sans même souvent nous rendre compte qu’il existe…

J’ai aimé cette nouvelle rencontre avec la Terre.

Je retourne chez les Hommes. Nombreux sont ceux qui vivent, nombreux sont ceux qui survivent, nombreux sont ceux qui ne font que passer sans s’arrêter, sans regarder.
Il est des rencontres importantes, nul doute que je me souvienne longtemps de l’Afrique du Sud, de sa beauté, de sa Nature, de sa violence.

Rencontre duale : Humanité, inHumanité….en un même lieu, en un même temps, avec les mêmes personnages. Le théâtre de l’histoire ici s’est déchaîné, dans tous les sens de ce mot. Folie meurtrière, folie dévastatrice, folie de l’espoir, in fine la folle Utopie a vaincu, quelle leçon d’Humanité nous donne ce peuple Noir…

Déambulant dans le centre ville de Johannesbug…Regard éperdu en marchant seul dans le centre piétonnier de Prétoria… La même sensation deux fois : pas un blanc à l’horizon, une foule qui me croise, souvent indifférente, parfois un regard interrogateur.
Alors un sentiment de gêne, de ne pas être tout à fait à ma place, l’histoire me fait blanc, si blanc…je suis au cœur de l’Histoire.
Musée de l’apartheid. Apartheid, pour moi avant c’était un mot, un concept, un ailleurs.

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