Parisiens avec ou sans soleil.
Banlieue joyeuse le Dimanche sous le soleil. Pique nique musique, joie,
rires. Oser se griser d’un peu de vin, puis se rafraîchir d’une eau fraiche,
posé sur l’herbe verte face au canal.
La Villette sous le soleil est un lieu si
vivant, si métissé, la vie coule au milieu des femmes et hommes de toutes
couleurs. J’aime ce quartier que l’on dit « populaire », qui vit mille
vies, mille cultures, mille histoires ensoleillées.
Que La Villette est belle et gaie les dimanches sous le soleil.
Banlieue triste et grise d’un lundi matin pluvieux, sans soleil, sans
travail, sans espoir autre que le jeu de hasard. Salle de café sale, ouverte
aux quatre vents, au sol jonché de déchets, au comptoir fatigué ou se posent
des hommes éteints. Tristes, ces hommes, nulle étoile dans leurs yeux, nulle
envie…
Métro blafard, je ne vois que des femmes et des hommes debout accroupis
allongés. Métro glacière en ce 14 Juin ou règnent l’eau si froide, le vent si
froid, le béton si froid, la chaleur n’entrera pas aujourd’hui. Pluie
salvatrice en certains endroits, ici elle se fait destructrice. Destruction de
l’espoir d’une journée au chaud, au sec de l’été. La pluie glacée ramène
brutalement aux angoisses de Novembre, rien ne séchera ici aujourd’hui, pas
même les femmes et les hommes du métro.
Accroupi le dos contre le mur, il attend. Mais il attend quoi ? Il
attend qui ? Sous les rues de Paris, cité rutilante ivre de ses richesses
et de son luxe, vit, survit plutôt, le parisien du sous sol, le parisien sans
vie.
La nuit tombe, enfin la pluie cesse. Tombent aussi les hommes, écrasés de la
fatigue du jour. De câlins en étreintes la soirée sera douce pour ceux qui ont
les yeux emplis du bonheur d’être ensemble. De carton en béton la nuit sera
courte ou longue pour d’autres, c’est selon…Mais elle sera dure, c’est la seule
certitude.
Comment imaginer l’amour, la famille, les amis, rire, comment imaginer la
vie quand on vit au sous sol ?
Humanité : essence de l’homme, ensemble des hommes, compassion. Ici
l’humanité est bafouée, ces hommes sont privés de leur essence, de leur vie, ne
font plus partie de l’ensemble. Passant, tu ne peux que te révolter en croisant
ces êtres du sous sol. Je sais que ton regard est triste, que souvent tu ne
veux plus car tu ne peux plus voir. Seul, face à cette misère si nombreuse, tu
ne peux rien…
La solidarité doit s’organiser, nous avons élu des femmes et des hommes pour
cela. Pour qu’ils construisent une société pus juste, plus humaine. Notre
humanité doit nous contraindre, il n’y a pas d’alternative, à aller vers plus
juste, plus équitable.
Que l’on soit bien clairs entre nous : nous ne vous avons pas élus pour
favoriser telle ou telle catégorie, mais bien pour construire un rempart à
l’égoïsme et à l’exploitation de l’homme par l’homme, pour canaliser la
violence économique et permettre à chacun de vivre dignement, à l’air
libre.
Nous en avons les moyens. Les dépenses militaires ont battu tous les records
en 2008 : 1 464 milliards de dollars…une augmentation de 45% en 10 ans. Et
nous ne savons pas loger, instruire, nourrir, intégrer, soigner ceux que la
société malmène.
Mesdames et Messieurs les élus, vous savez, vous êtes maintenant
responsables, vous pouvez et devez changer ces injustices, changer les
priorités de notre société. Chacun doit avoir sa part de soleil, le carton ne
peut servir de lit chaque soir, les couloirs du métro ne sont pas une chambre
convenable..