C’est le sens de l’histoire. Histoire encore trop timide, trop lente, mais histoire inexorable. Le Clemenceau doit être maintenant, après les erreurs mises à jour, traité comme il se doit, nettoyé, démantelé, recyclé.

Il faudra encore faire traverser la planète entière à un navire pour le couler : gabegie de moyens, consommation effarante de pétrole en pur gaspillage La baie de St Paul est magnifique : pourquoi la dénaturer avec une épave qui n’a rien de « naturelle » ?

Le Clemenceau est maintenant dans l’imaginaire collectif le symbole de la pollution, de l’amiante: est-ce l’image que nous souhaitons donner de la réunion : le réceptacle des déchets de la planète ?

Un enfant qui jette un papier par terre se fait réprimander, et nous applaudirions à l’immersion d’un déchet géant en mer ?

Ce déchet doit être assumé par l’état, et être, excusez l’expression, déconstruit (selon les normes environnementales et de protection de la santé des ouvriers les plus sévères) : l’état a su trouver l’argent pour le construire, l’entretenir, le faire naviguer, il doit l’assumer jusqu’au bout et le rendre inoffensif. Sur une île qui cherche un second souffle sur le plan touristique, qui cherche à se reconstruire une image, qui doit sortir du chikungunya, il faut des symboles positifs, du rêve. L’atout de La Réunion, c’est sa nature, son environnement exceptionnel, ses paysages sublimes, Mafate, son histoire, son patrimoine. Rien de tout ceci n’est en lien avec le Clemenceau, immondice de métal symbole de nos errements.

Sur un plan purement légal, il me semble que le parlement a voté le 16 Octobre 2003, suivant le sénat l’ayant voté le 4 mars 2003 (avec M.C.Blandin), une loi autorisant l'adhésion de la France au protocole de 1996 à la convention de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets

Article 2 Objectifs Les Parties contractantes protègent et préservent, individuellement et collectivement, le milieu marin de toutes les sources de pollution et prennent des mesures efficaces, selon leurs capacités scientifiques, techniques et économiques, pour prévenir, réduire et, lorsque cela est possible dans la pratique, éliminer la pollution causée par l'immersion ou l'incinération en mer de déchets ou autres matières. Au besoin, elles harmonisent leurs politiques à cet égard.

Selon ce texte, une mesure est simple pour éliminer la pollution : recycler !

Dernier point « il semblerait que tout risque de pollution soit écarté » : un porte avion complet immergé sans aucune pollution. Qui peut concrètement imaginer que cela soit possible ?