Chassons donc cette famille comorienne de...chez elle...
Par thierry le dimanche 20 janvier 2008, 14:49 - écologie politique - Lien permanent
Photo(Gael Herissé): manif contre l'expulsion de sans papiers
La révolution française à inauguré en
1789 l'âge des Etats Nations fondés sur le principe de la souveraineté du
peuple. Cette révolution politique a entraîné la naissance de territoires
strictement délimités par des frontières rigides, à l'intérieur desquellles
vivent des communautés de citoyens disposant de droits que l'état garantit et
qu'il protège contre les menaces extérieures.
La révolution industrielle a provoqué une fomidable mobilité des hommes, de
par la recherche de matières premières, de main d'oeuvre, de marchés, et
d'échanges sur la recherche.
Avec la mondialisaton, les individus se déplacent de plus en plus vite, sont
de plus en plus nombreux à le faire, portés par la nécessité ou
l'envie.
Portés par l'envie pour les riches ou fils de pays riches qui peuvent
s'installer ou bon leur semble sur la planète. On s'enthousiasme et
s'enorgeuillit devant ces français qui réussissent au bout du monde, on les
montre en exemple.
Portés par la nécessité pour la masse des autres. Et à eux il faudra papiers, emploi, montrer mille fois patte blanche, lutter contre mille formes de discriminations pour vivre en paix. Et souvent repartir menottes aux poignets, ou être dans des camps de rétention, emprisonnés comme des criminels qu'ils ne sont pas.
On a le meilleur système de santé au monde, un des meilleurs systèmes
scolaires également. Et on vend des chars, des centrales nucléaires.
Ne pourrions nous pas exporter notre savoir plutôt que nos armes, aider au
développement humain autrement qu'en le passant par les routes et l'industrie
avant la santé et l'éducation ?
Le schéma du repli sur soi est intenable dans un monde qui vit. Ne laisser
circuler sur la planète que les riches et les instruits contribue chaque jour à
créer la frustration des immobiles forcés, crée un monde global internétisé et
avionisé, et un autre cocacolaisé et obèse qui s'aigrit, et armé par nos soins
nous combattra de plus en plus.
Une famille comorienne est en cours d'expulsion. Le père travaille, la famille
est logée, l'homme a même un titre de séjour valable. Mais le regroupement
familial n'a pas été accordé. Ces comoriens sont victimes d'une conception du
monde de 1789, or nous sommes en 2008. Il faudra bien que s'estompent pour les
hommes les barrières depuis déja longtemps tombées pour les marchandises. Il
faudra du temps, et du courage pour tracer la voie d'une mondialisation pour
les humains après celle construite par et pour les «élites», les voitures, les
armes et le coca.
Ici au coeur de l'Océan Indien, nous sommes au coeur de ce qui peut être un
exemple magnifique de développement régional, de La Réunion aux Comores, à
Mayotte, Madagascar, Maurice.....Ce n'est pas une famille comorienne que le
préfet veut expluser, c'est une famille de l'Océan Indien, c'est quelqu'un de
notre famille.
Osons dire que nous croyons que l'avenir de La Réunion est lié à celui de tout
l'Océan Indien, et que le métissage dont La Réunion est à juste titre si fière
se fera demain avec aussi des mahorais et des comoriens, sur chacune des îles.
La libre circulation des hommes et des biens sur l'Océan Indien, croisée via La
Réunion à l'Europe, c'est probablement à portée de volonté politique
réunionnaise, un des signes forts que pourraient produire les réunionnais sur
leur volonté de prendre en main leur destin.
Thierry Denys