On a le meilleur système de santé au monde, un des meilleurs systèmes scolaires également. Et on vend des chars, des centrales nucléaires.

Ne pourrions nous pas exporter notre savoir plutôt que nos armes, aider au développement humain autrement qu'en le passant par les routes et l'industrie avant la santé et l'éducation ?

Le schéma du repli sur soi est intenable dans un monde qui vit. Ne laisser circuler sur la planète que les riches et les instruits contribue chaque jour à créer la frustration des immobiles forcés, crée un monde global internétisé et avionisé, et un autre cocacolaisé et obèse qui s'aigrit, et armé par nos soins nous combattra de plus en plus.

Une famille comorienne est en cours d'expulsion. Le père travaille, la famille est logée, l'homme a même un titre de séjour valable. Mais le regroupement familial n'a pas été accordé. Ces comoriens sont victimes d'une conception du monde de 1789, or nous sommes en 2008. Il faudra bien que s'estompent pour les hommes les barrières depuis déja longtemps tombées pour les marchandises. Il faudra du temps, et du courage pour tracer la voie d'une mondialisation pour les humains après celle construite par et pour les «élites», les voitures, les armes et le coca.

Ici au coeur de l'Océan Indien, nous sommes au coeur de ce qui peut être un exemple magnifique de développement régional, de La Réunion aux Comores, à Mayotte, Madagascar, Maurice.....Ce n'est pas une famille comorienne que le préfet veut expluser, c'est une famille de l'Océan Indien, c'est quelqu'un de notre famille.

Osons dire que nous croyons que l'avenir de La Réunion est lié à celui de tout l'Océan Indien, et que le métissage dont La Réunion est à juste titre si fière se fera demain avec aussi des mahorais et des comoriens, sur chacune des îles. La libre circulation des hommes et des biens sur l'Océan Indien, croisée via La Réunion à l'Europe, c'est probablement à portée de volonté politique réunionnaise, un des signes forts que pourraient produire les réunionnais sur leur volonté de prendre en main leur destin.

Thierry Denys